Perchée sur les hauteurs du Mont Titan, Saint-Marin se dresse comme un témoin vivant de l’histoire, une république qui, depuis 301 après J.-C., écrit son récit de liberté dans la pierre et le temps. Tel un livre ouvert vers le ciel, chaque monument raconte un chapitre de cette fascinante épopée millénaire.

Le Palais Public : Cœur battant de la République

Au cœur de la Piazza della Libertà, le Palais Public se dresse comme un gardien de la tradition. Édifié en 1894 et rénové en 1996, ce joyau architectural abrite l’âme administrative de la plus ancienne république du monde. Dans la salle du Grand Conseil Général, une fresque magistrale d’Emilio Retrosi capture l’essence même de Saint-Marin : le Saint fondateur, entouré d’anges, veillant éternellement sur son peuple et le Mont Titan.

La Basilique : Un hommage au Saint fondateur

« Au Divin Marin, Patron et porteur de Liberté » – ces mots gravés accueillent les visiteurs à la Basilique Saint-Marin. Érigée sur les fondations d’une ancienne église romane du VIe siècle, elle témoigne de la foi profonde qui anime cette terre. L’œuvre d’Adamo Tadolini, disciple de Canova, abrite les reliques précieuses du Saint Patron dans son autel majeur.

Les Trois Tours : Sentinelles du temps

Comme trois doigts pointés vers le ciel, les tours de Saint-Marin racontent mille ans d’histoire. Visibles depuis Rimini et au-delà par temps clair, elles incarnent l’âme indomptable de la République :

  • La Guaita (XIe siècle), première tour, autrefois refuge et prison, veille sur la chapelle Sainte-Barbara
  • La Cesta (XIIIe siècle), deuxième tour, abrite aujourd’hui le Musée des Armes Anciennes
  • La Montale, troisième tour, conçue comme une prison imprenable avec son unique accès par le haut

Une République tournée vers l’avenir

En 2018, la Galerie d’Art Moderne et Contemporain est venue enrichir ce patrimoine millénaire. Située sous les Loges des Volontaires, elle présente une collection remarquable d’œuvres italiennes du XXe siècle, conjuguant ainsi passé glorieux et créativité contemporaine.

La Basilique de Saint-Marin

Sur le point le plus élevé du Mont Titan, où le ciel semble toucher la terre, s’élève majestueusement la Basilique de Saint-Marin, cœur spirituel de la plus ancienne République du monde. Telle un phare guidant les voyageurs, ses huit colonnes corinthiennes accueillent fidèles et visiteurs, témoins silencieux d’une histoire traversant les siècles.

Des pierres anciennes à la majesté néoclassique

Là où nous admirons aujourd’hui l’élégante façade néoclassique se dressait autrefois l’ancienne église paroissiale, l’un des premiers monuments pré-romans d’Italie. En 1826, sous la direction avisée de l’architecte bolognais Antonio Serra, débuta la construction de l’actuelle Basilique, inaugurée en 1838 sous l’émotion des Saint-Marinais. Un siècle plus tard, en 1926, l’église reçut le prestigieux titre de Basilique Mineure, couronnant des siècles de dévotion et d’histoire.

Un trésor d’art et de spiritualité

Le style néoclassique se manifeste dans toute sa pureté dans le pronaos, où huit majestueuses colonnes corinthiennes, couronnées de chapiteaux finement décorés de feuilles d’acanthe, semblent soutenir le ciel même. Sur le fronton, l’inscription « Divo Marino Patrono et Lebertatis Auctori sen. p.q. » rappelle à tous le lien indissoluble entre le Saint fondateur et la liberté de la République.

Le cœur sacré de la République

En franchissant le seuil, on est accueilli dans un espace solennel divisé en trois nefs, dont la centrale s’élève majestueusement, abritant sept autels d’une rare beauté. Un élément unique et d’un intérêt historique particulier est la tribune-trône du XVIIe siècle, réservée aux Capitaines-Régents, symbole vivant de la continuité institutionnelle saint-marinaise.

Les reliques du Saint fondateur

Le 3 mars 1586 marqua une date inoubliable pour Saint-Marin : la découverte des reliques du Saint. Aujourd’hui, ces précieux restes reposent sous le maître-autel et dans un raffiné reliquaire en argent reproduisant le crâne et le visage de Marin, témoignage tangible de la présence spirituelle du fondateur dans sa République.

La petite église Saint-Pierre : un trésor caché

À côté de la Basilique, presque cachée aux yeux du plus grand nombre, se trouve la suggestive petite église Saint-Pierre, datant du XVIe siècle. À l’intérieur, deux niches creusées dans la roche vive sont désignées par la tradition comme les lieux de repos des Saints Marin et Léo, ajoutant une aura de mystère et de sacralité à ce lieu déjà si spécial.

Curiosités et détails qui racontent une histoire

Le clocher de la Basilique abrite sept cloches, chacune ayant une voix et une fonction spécifique : des festivités solennelles aux moments de deuil, chaque tintement raconte une histoire différente. La Basilique elle-même est devenue un symbole si important qu’elle est représentée sur la pièce de 10 centimes d’euro de Saint-Marin, bien que cette pièce reste une pièce de collection, présente uniquement dans les séries divisionnaires.

Les tailleurs de pierre saint-marinais, héritiers de l’art du Saint fondateur, ont laissé leur marque indélébile dans les magnifiques reliefs qui décorent l’édifice : la Torche, le faisceau républicain et les branches de laurier témoignent de leur maîtrise.

Informations pratiques pour les visiteurs

La Basilique accueille les fidèles pour la messe dominicale à 11h00, mais les moments les plus solennels se vivent lors des célébrations du 3 septembre (fête de Saint-Marin), du 5 février (Sainte-Agathe) et les jours d’investiture des Capitaines-Régents (1er avril et 1er octobre).

Pour ceux qui souhaitent la visiter, la Basilique se trouve Piazzale Domus Plebis, 1 à Saint-Marin Ville, au cœur du centre historique patrimoine UNESCO.

Palais Public de Saint-Marin

Majestueux et solennel, le Palais Public de Saint-Marin se dresse au cœur du centre historique comme un symbole vivant de la plus ancienne république du monde. Cet édifice, qui a remplacé l’ancienne Domus Magna Comunis, raconte une histoire de renouveau et de continuité institutionnelle qui s’étend sur des siècles.

Palais Public de Saint-Marin : Histoire et Architecture d’un Symbole

Lorsque l’ancienne Domus Magna Comunis a montré des signes de faiblesse structurelle à la fin du XIXe siècle, Saint-Marin a entrepris un ambitieux projet de reconstruction. Le nouveau Palais du Gouvernement a pris forme entre 1884 et 1894, sous la direction experte de l’architecte Francesco Azzurri. La construction s’est distinguée par une caractéristique significative : l’emploi d’artisans locaux, témoignage de l’ancienne tradition saint-marinaise dans le travail de la pierre.

Vue intérieure du Palais Public de Saint-Marin

Restauration Contemporaine

Un nouveau chapitre de l’histoire du palais s’est ouvert le 30 septembre 1996, lorsque, après une restauration minutieuse par l’architecte Gae Aulenti, le bâtiment a révélé sa splendeur renouvelée. Cette intervention a réussi à préserver l’essence historique du palais tout en l’adaptant aux besoins d’un siège institutionnel moderne.

Centre du Pouvoir Démocratique

Aujourd’hui, le Palais Public abrite les principaux organes institutionnels de la République :

  • Le Grand et Général Conseil
  • Le Conseil des XII
  • Le Congrès d’État

Ces espaces ne sont pas que de simples bureaux administratifs, ils représentent le cœur battant de la démocratie saint-marinaise, où sont prises les décisions qui guident l’avenir de la République.

Hall principal du Palais Public de Saint-Marin

Le Charme de la Relève de la Garde

Parmi les attractions les plus évocatrices qu’offre le palais aux visiteurs figure la relève de la garde, effectuée par la Garde du Rocher. Ce corps militaire se distingue par son uniforme caractéristique :

  • Veste croisée vert foncé avec cordons blancs et rouges
  • Pantalon rouge avec bande verte
  • Képi avec pompon rouge
  • Guêtres blanches

Cette cérémonie, qui a lieu quotidiennement, représente non seulement une attraction touristique mais aussi un témoignage vivant des traditions militaires saint-marinaises.

Salle du Grand et Général Conseil dans le Palais Public de Saint-Marin

Un Symbole sur la Monnaie

L’importance du Palais Public dans l’identité saint-marinaise est telle que le bâtiment a été choisi pour figurer sur la pièce de 2 euros de la République, témoignant de son rôle central dans la vie institutionnelle et culturelle de Saint-Marin.


Le conseil d’un local : Pour apprécier pleinement la majesté du Palais Public, visitez-le tôt le matin, lorsque le soleil levant illumine sa façade et que la Place de la Liberté est encore enveloppée de silence. Durant ces moments, vous pourrez profiter d’une atmosphère unique et prendre des photographies extraordinaires sans la foule de touristes.

Tour Cesta Saint-Marin

Là où le Mont-Titan atteint son point culminant, à 755 mètres d’altitude, s’élève majestueusement la Deuxième Tour de Saint-Marin, connue sous le nom de « Cesta ». Telle une ancienne sentinelle de pierre, ce chef-d’œuvre de l’architecture militaire médiévale domine le paysage environnant depuis près d’un millénaire.

Histoire et architecture de la Cesta

L’histoire de la Cesta plonge ses racines dans l’époque romaine, où elle servait de tour de guet stratégique. La première trace écrite de son existence remonte à 1253, mais son rôle de gardienne du territoire saint-marinais est encore plus ancien. Comme son aînée, la Première Tour Guaita, la Cesta est entourée de puissantes murailles de pierre, couronnées de créneaux caractéristiques qui définissent son profil unique.

La grande restauration

Un chapitre fondamental dans l’histoire de la Cesta s’est écrit entre 1924 et 1925, lorsque des maîtres tailleurs de pierre entreprirent un méticuleux travail de restauration. Cette œuvre monumentale rendit à la tour sa splendeur d’antan, préservant soigneusement tous les éléments typiques de l’architecture militaire médiévale : des positions d’arbalètes aux meurtrières, initialement utilisées pour déverser de la poix bouillante sur d’éventuels assaillants.

Un musée dans le ciel

Aujourd’hui, la Deuxième Tour abrite le prestigieux Musée des Armes Anciennes, une collection qui raconte des siècles d’histoire à travers des armures, des armes et des objets militaires. Cette utilisation moderne s’intègre parfaitement à l’architecture d’origine, créant un pont entre passé et présent.

Intérieur du Musée des Armes Anciennes dans la Deuxième Tour de Saint-Marin

La tour dans la culture saint-marinaise

L’importance de la Cesta dans l’histoire et l’identité de Saint-Marin est telle que la tour a été choisie pour figurer sur la pièce de 50 centimes d’euro saint-marinaise, témoignant de son rôle fondamental dans le patrimoine culturel de la République.

Visiter la deuxième tour

Pour atteindre la Cesta, les visiteurs peuvent suivre le chemin pittoresque qui, depuis la Première Tour, serpente le long des anciennes murailles, un parcours qui offre des panoramas à couper le souffle sur la République et la Riviera Romagnole.


Un conseil de local : La position élevée de la Cesta en fait le point idéal pour observer le lever du soleil. Aux premières heures du matin, lorsque la brume se dissipe lentement, le panorama qui s’ouvre sur la vallée en contrebas crée un spectacle naturel d’une rare beauté.

Tour Guaita Saint-Marin

Majestueuse et imposante, la Première Tour de Saint-Marin, connue sous le nom de Guaita, domine le profil du Mont-Titan tel un fidèle gardien du temps. Cette forteresse, la plus ancienne et la plus vaste des trois tours saint-marinaises, raconte une histoire millénaire de liberté et d’indépendance.

Un voyage au cœur de la Forteresse

La Guaita, rendue accessible au public après sa restauration de 1930, abrite en son sein une mosaïque d’histoire et de culture qui se dévoile pas à pas. Le parcours à travers la tour est un voyage dans le temps qui révèle des trésors continuels aux yeux des visiteurs.

Trésors cachés et lieux sacrés

Au cœur de la forteresse, la petite Chapelle de Sainte-Barbe, construite en 1960, maintient vivante la tradition religieuse : chaque 4 décembre, jour de la sainte patronne des Artilleurs, ses murs accueillent une célébration eucharistique suggestive.

Les anciennes murailles de la Guaita cachent de précieux témoignages du passé : les gravures comacines, parmi lesquelles se distingue la représentation d’un long poignard, racontent l’habileté et le dévouement des maîtres bâtisseurs qui ont donné forme à cette forteresse.

Intérieur de la Chapelle de Sainte-Barbe
Intérieur de la petite chapelle de Sainte-Barbe

Du refuge à la prison

L’histoire de la Guaita est marquée par une évolution continue : née comme refuge pour les gardiens du mont, au XVIe siècle, certains de ses locaux furent transformés en prisons, conservant cette fonction jusqu’en 1970, lorsque fut inaugurée la nouvelle prison des Capucins.

Le cœur ancien : le Donjon

Le véritable joyau de la Première Tour est le Donjon, noyau originel de la forteresse resté inchangé à travers les siècles. Cette structure représente l’essence la plus authentique de la Guaita, témoin silencieux de siècles d’histoire saint-marinaise.

Le Grand Clocher : voix de la liberté

Au milieu du XVIe siècle, la construction du « Campanone » (Grand Clocher) ajouta un élément fondamental à la tour. Cette imposante cloche, initialement utilisée comme système d’alarme pour les citoyens, fait aujourd’hui résonner ses tintements lors des principales célébrations civiles et religieuses.

Panorama depuis la Première Tour Guaita

Un panorama à couper le souffle

L’expérience la plus émouvante de la visite est sans aucun doute la promenade sur les remparts. D’ici, le regard s’étend de l’Adriatique au Mont Carpegna, jusqu’au Catria lors des journées les plus claires, offrant une vue qu’aucune photographie ne peut vraiment capturer.

Informations pour la visite

Horaires d’ouverture :

  • Du 20 juin au 10 septembre : 8h00-20h00 (dernière entrée 19h30)
  • Du 11 septembre au 19 juin : 9h00-17h00 (dernière entrée 16h30)

Billets :
Les prix commencent à 3€, avec des formules d’abonnement avantageuses pour visiter tous les musées d’État.

Canons dans la Première Tour Guaita

Un conseil de local : Planifiez votre visite aux heures du coucher du soleil pendant la saison estivale : la lumière du soleil couchant crée une atmosphère magique qui rend l’expérience encore plus inoubliable.

À la fin de la visite, votre voyage peut se poursuivre à travers le suggestif Passage des Sorcières, pour ensuite monter vers la Deuxième Tour, complétant ainsi l’exploration de cet extraordinaire système défensif.

Curiosité : La Première Tour Guaita est tellement importante pour l’identité saint-marinaise qu’elle a été choisie pour orner la pièce de cinquante centimes d’Euro de la République.

La Tour Montale

Telle une sentinelle silencieuse s’élevant vers le ciel, la Troisième Tour Montale de Saint-Marin se distingue par sa forme pentagonale élégante et son histoire riche en mystères. Dernière des trois tours dominant le profil du Mont Titan, le Montale représente un chapitre fascinant de l’histoire de la plus ancienne république du monde.

Histoire et Architecture de la Troisième Tour

Plus petite mais non moins importante que ses sœurs aînées, la Première Tour Guaita et la Deuxième Tour Cesta, le Montale a servi pendant des siècles comme avant-poste défensif crucial. Sa position stratégique permettait aux gardes de scruter l’horizon à la recherche de menaces potentielles, servant de dernier rempart du système défensif de Saint-Marin.

L’histoire de la tour s’entremêle avec les événements de la famille Malatesta : 1479 marqua un tournant lorsque, avec la destruction du Château de Fiorentino, la forteresse fut progressivement abandonnée. Avant cette date, le Montale jouait un rôle vital dans le réseau de communication défensif, signalant l’arrivée des voyageurs et les dangers possibles grâce à un système sophistiqué de signaux.

Le Secret du Fond de la Tour

Ce qui rend le Montale véritablement unique est son sombre secret : dans ses fondations se trouve une prison connue sous le nom de « Fond de la Tour », une chambre de détention profonde de six mètres accessible uniquement par le haut. Cette particularité architecturale, qui en faisait une prison pratiquement imprenable, est aussi la raison pour laquelle la tour n’est pas ouverte aux visites intérieures aujourd’hui.

La Troisième Tour Montale de Saint-Marin avec sa structure pentagonale distinctive

Le Montale Aujourd’hui : Un Symbole dans la Pierre et la Monnaie

Bien que l’accès intérieur ne soit pas possible, le Montale continue de raconter son histoire. Les visiteurs peuvent admirer sa structure imposante de l’extérieur et profiter d’une vue à couper le souffle s’étendant de la Riviera de Romagne aux collines du Montefeltro. Par temps clair, le panorama devient un spectacle qui vaut largement l’ascension.

L’importance symbolique du Montale pour Saint-Marin se reflète également dans la numismatique : la tour a été choisie pour figurer sur la pièce de 1 centime d’euro saint-marinaise, témoignant de son rôle fondamental dans l’identité historique et culturelle de la République.

Informations de Visite

Contrairement aux autres tours du Mont Titan, le Montale ne peut être visité que de l’extérieur. Son profil élancé et son plan pentagonal caractéristique offrent encore d’excellentes opportunités photographiques, particulièrement aux heures du coucher du soleil lorsque la lumière colore la pierre de teintes dorées.

Pour atteindre le Montale, il est recommandé de suivre le chemin partant de la Première Tour Guaita : une promenade panoramique qui permet d’apprécier l’ensemble du système défensif des trois tours et de s’immerger dans l’histoire millénaire de Saint-Marin.


Le conseil d’un local : Le meilleur moment pour visiter le Montale est tôt le matin ou au coucher du soleil, lorsque la lumière rasante crée des jeux d’ombres suggestifs sur la pierre ancienne et que le panorama sur la Riviera prend des tons particulièrement évocateurs.

La Statue de la Liberté de Saint-Marin

La République de Saint-Marin possède aussi « Une Statue de la Liberté » ! La Statue de la Liberté de New York, dont la construction a débuté en 1875 et qui fut inaugurée en 1886, est contemporaine de la Statue de la Liberté de Saint-Marin, sculptée dans le plus fin marbre blanc de Carrare en 1876.

Création et Don Noble

La Statue de la Liberté de Saint-Marin est un don reçu par l’État d’une noble allemande, Mme Otilia Heyroth Wagener, devenue Duchesse de Rancidello. La noble dame commanda l’œuvre à l’un des sculpteurs les plus estimés de la scène internationale, Stefano Galletti, et exigea que l’œuvre soit réalisée dans le prestigieux marbre de Carrare italien.

Le 30 septembre 1876, quelques mois seulement après la commande au sculpteur, la Statue de la Liberté fut solennellement inaugurée devant le Palais Public et donna son nom à la place située en contrebas : la Place de la Liberté. Le gouvernement de Saint-Marin, en réponse à ce geste noble et bienvenu, permit à la duchesse de changer son titre noble de Duchesse de Rancidello en Duchesse d’Acquaviva, l’un des neuf châteaux de la République de Saint-Marin.

La Statue de la Liberté historique de Saint-Marin, sculptée en marbre blanc de Carrare

Emplacement de la Statue de la Liberté de Saint-Marin

Au centre de ce que les touristes et les citoyens de Saint-Marin considèrent comme la « plus belle place de Saint-Marin« , à savoir la Place de la Liberté, au-dessus des anciennes citernes d’eau et d’une imposante fontaine à quatre becs, se dresse la majestueuse Statue de la Liberté de Saint-Marin ! La statue, outre sa position centrale sur la place, est également équidistante de la Parva Domus et du Palais Public, ce dernier ayant également été inauguré un 30 septembre, mais trente ans plus tard !

Caractéristiques Symboliques et Importance Historique

La statue représente la liberté sous les traits d’une femme guerrière avançant fièrement vers l’avenir, la main droite tendue vers l’avant, tandis qu’elle tient le drapeau dans sa main gauche. Autour de sa tête est sculptée une couronne ressemblant aux murs de la ville d’où s’élèvent les trois tours, symbole de Saint-Marin à travers les siècles. Une reproduction à l’échelle peut être vue de près à l’intérieur du Musée d’État de la République de Saint-Marin.

Le politicien et historien saint-marinais Marino Fattori dédia ces mots lors de l’inauguration de la statue : « La statue est une pierre muette, un simple emblème. Le culte de la liberté doit être vivant dans nos cœurs. Le monument qui est l’honneur et la gloire du peuple de Saint-Marin deviendrait un déshonneur et une moquerie si le peuple venait à perdre ses bonnes coutumes et ses vertus. »

Une curiosité numismatique : la Statue de la Liberté figure sur les pièces de 2 centimes d’euro de la République de Saint-Marin.

Cave des Arbalétriers

Au cœur du Mont Titan, où résonnaient autrefois les coups des tailleurs de pierre, on entend aujourd’hui les puissants claquements des arbalètes et la chaleur vibrante des événements qui animent la Cave des Arbalétriers. Cette ancienne carrière de pierre, transformée en un théâtre de traditions vivantes, raconte une histoire d’évolution et de renaissance que seul Saint-Marin peut offrir.

gradins de la cave des arbalétriers remplis de personnes avec deux porte-drapeaux qui montent

Des pierres anciennes à l’histoire vivante

L’histoire de la Cave des Arbalétriers commence au XIXe siècle, lorsque ses parois rocheuses fournissaient la précieuse pierre pour la restauration du Palais Public. Mais le destin réservait un avenir différent à cet espace : depuis les années 60, la cave s’est transformée en cœur battant des traditions saint-marinaises, devenant le siège officiel de la Fédération des Arbalétriers de Saint-Marin.

L’inauguration officielle du 3 septembre 1971 a marqué le début d’une nouvelle ère, où l’art ancien du tir à l’arbalète grande à l’italienne a trouvé sa demeure définitive. Aujourd’hui, les visiteurs de la Cave peuvent respirer des siècles d’histoire en observant les arbalétriers s’entraîner, maintenant vivante une tradition qui plonge ses racines au XIVe siècle.

spectacle nocturne dans la cave des arbalétriers avec des porte-drapeaux à Saint-Marin

Le charme des compétitions historiques

Le moment le plus attendu de l’année est sans aucun doute le Palio des Arbalétriers du 3 septembre, une compétition qui, depuis 1537, remplit la Cave de couleurs, de sons et de traditions. Cinq arbalétriers et un porte-drapeau représentent chacun des neuf Châteaux de Saint-Marin, créant un spectacle qui implique 61 personnes entre officiers, hérauts, pages, tambours et trompettes.

Le Tournoi des Châteaux représente un autre moment de grand prestige, où les meilleurs tireurs s’affrontent pour conquérir une précieuse coupe d’argent artisanale. La particularité ? Seul celui qui gagne trois années consécutives peut la garder définitivement – un exploit qu’aucune équipe n’a réussi à accomplir jusqu’à présent.

arbalétrier dans la cave des arbalétriers à Saint-Marin pendant le palio de la grande arbalète

Événements et spectacles dans la cave

La Cave des Arbalétriers ne vit pas uniquement de compétitions historiques. Durant l’année, cet espace unique accueille de nombreux événements qui enrichissent son calendrier. Les Journées Médiévales, avec plus de vingt-cinq éditions à leur actif, transforment la Cave en un vivant décor médiéval.

Un moment particulièrement émouvant est la Défi du Tricorniolo, où les arbalétriers se mesurent dans un défi particulier : frapper une cible en bois composée de trois sections de diamètre décroissant, une entreprise qui requiert précision et maîtrise extraordinaires.

tambours et porte-drapeaux pendant une soirée des journées médiévales

Informations pratiques pour la visite

Atteindre la Cave des Arbalétriers est très simple : elle se trouve à quelques pas de la station d’arrivée du téléphérique, au cœur du centre historique. Sa position stratégique en fait une étape incontournable pour qui visite Saint-Marin, offrant un regard privilégié sur des traditions séculaires encore vivantes et palpitantes.

Pendant les compétitions et les événements spéciaux, la Cave s’anime de couleurs et de sons, transportant les visiteurs dans un voyage dans le temps à travers les traditions les plus authentiques de la plus ancienne République du monde. Il est conseillé de vérifier le calendrier des événements pour ne pas manquer les rendez-vous les plus significatifs, comme le Palio des Arbalétriers ou les Journées Médiévales.